Plongée dans les films 2025-2026
On est impressionné par la réappropriation du collège, transformé en tournoi d’échecs géant ou en Floor is Lava à l’échelle d’un établissement. Ici, on joue, on s’amuse, on court dans les couloirs, alors qu’en temps normal, c’est interdit. Le désir de liberté est omniprésent : on s’échappe dans les rêves, dans les airs, ou même de prison.
Les élèves s’évadent aussi quand ils sont pourchassés. Les monstres ne manquent pas dans leurs films : clown vengeur, marionnettes maléfiques, ours mi-humain, zombies, ou encore Mozart le revenant. Le collège, souvent, devient un lieu abandonné, hanté par divers esprits.
Mais on ne reste pas toujours entre ses murs : on campe dans les calanques pour rester avec ses ami·e·s, quoi qu’il arrive ; on se retrouve souvent en forêt, avec l’envie de s’y reconnecter, comme dans Cueillettes inattendues. On se dépasse collectivement dans les hauteurs rocheuses près de Toulon, ou l’on part à la recherche de ses professeurs devant Le Cyclope, malgré l’absence de réseau.
Le téléphone et l’IA sont des thèmes récurrents, abordés sous forme de faux documentaires ou d’une IA incarnée.
On y croise aussi des animaux insolites : un chien exauceur de vœux, des poissons rouges bavards, un hamster géant, un lapin en retard… Des rêves, ils en ont à revendre, qu’ils expriment devant la caméra dans C’est quoi le bonheur ? ou qui s’impriment sur eux dans Il était une fois.
Pour s’exprimer, les élèves ne manquent pas de moyens : fiction, récits documentaires sur leur vie, mais aussi chansons et dessins. Plusieurs films mettent en scène des chansons composées par eux, révélant un autre talent. Des chansons sur le bonheur, les rêves, des comédies musicales sur l’amitié, ou encore une chanson en anglais qui émeut la nouvelle élève.
Ils dessinent aussi, que ce soit pour se raconter, imaginer le futur, raconter l’histoire d’un calamar ou donner vie à des figures féministes historiques. Le cinéma d’animation fait partie de leur registre, que ce soit pour un film entier, comme Sans queue ni tête, ou en touches disséminées dans plusieurs projets.
Au-delà du stop motion, ils ont aussi un goût prononcé pour les effets spéciaux, qu’ils soient inspirés de Méliès (disparitions, apparitions, téléportations) ou numériques, avec des fonds verts.
Entre secrets, portraits, trésors cachés et super-pouvoirs, les élèves construisent un collège à leur image : un collège idéal, rêvé, traversé par l’influence du cinéma et des cultures qu’ils côtoient.
Le film Fragile, au programme cette année, a infusé dans leurs créations, pour le meilleur. Ils y mettent en scène des histoires d’amours, un râteau, des amitiés fragiles à distance ou SolidEs entre un groupe de filles, une belle complicité entre une élève et un zombie, ou encore des relations garçons-filles à construire de manière égalitaire, notamment dans le sport (Relais et vie tout-terrain). Sans oublier deux documentaires particulièrement réussis, traitant de l’amour et des relations entre genres.
Derrière les récits et les scénarios, on découvre des histoires morales, des apprentissages, des mythes philosophiques comme L’anneau de Gygès. Les élèves pensent au futur, avec un nouveau Covid ou une SEGPA transformée en section d’élite. Mais aussi au passé, qu’on remonte le temps pour assister à un ancien cours d’histoire-géo avec un prof sexiste et autoritaire, ou pour rencontrer Rosa Parks et Angela Davis.
Voir les films réalisés cette année donne une vraie fierté d’être en SEGPA. Les élèves ont surmonté leur gêne (ils en ont même fait un film), se sont dépassés, ont osé mettre leur image en jeu, créer du lien avec des camarades éloignés.
Regardez cette bande-annonce, avant de plonger entièrement dans les super films de cette année.
Réalisation : Eléane Courvoisier
