Trois cinéastes reviennent sur leur expérience de président·e du jury

Depuis 2011, une dizaine de réalisateurs et réalisatrices se sont engagés dans le dispositif Toute la lumière sur les SEGPA en tant que président·e du jury. Trois d’entre eux nous partagent leurs souvenirs de cette expérience marquante au cours de laquelle ils ont partagé leur travail avec les élèves et porté un regard attentif et bienveillant sur leurs créations.

Depuis sa création, le dispositif Toute la lumière sur les SEGPA a toujours souhaité associer la pratique artistique à la rencontre avec des professionnel.le.s et la découverte d’œuvres cinématographiques. C’est pourquoi chaque année, dans le département des Bouches-du-Rhône, un réalisateur ou une réalisatrice a pu être sollicité pour être “président du jury”. Ce rôle comprenait plusieurs missions :

  • Rencontrer tous les élèves de l’édition en cours lors d’une journée de projection courant novembre-décembre. Était projeté à minima un des films du ou de la présidente, suivi d’un temps d’échange avec les collégiens.
  • Visionner les courts métrages des élèves en amont de la journée festival et attribuer des prix spécifiques en collaboration avec les autres membres du jury.
  • Participer à la journée festival : projection des courts métrages des élèves, présentations orales sur scène par ces-derniers et remise des prix.

Des années après, que leur reste t’il de cette expérience ? Ils nous partagent leurs souvenirs et racontent l’importance de leur engagement dans l’éducation aux images.

Pourquoi avoir accepté ce rôle ?
Régis Sauder : Pour valoriser la pratique artistique des élèves. C’est comme ça que naissent des vocations.
Romuald Rodrigues-Andrade : J’ai toujours travaillé avec des jeunes, notamment en filière SEGPA. Partager ma passion du cinéma avec eux est une vraie richesse.
Lauriane Escaffre : J’ai été touchée par leur énergie, leur curiosité. Cette journée m’a profondément marquée.

Quelle place tient la transmission dans votre parcours ?
Régis Sauder : L’éducation à l’image est essentielle pour former les spectateurs de demain.
Romuald Rodrigues-Andrade : Le cinéma est un outil de dialogue et d’ouverture. Transmettre, c’est aussi nourrir mon propre travail.
Lauriane Escaffre : Ces projets donnent confiance aux élèves, changent leur regard sur eux-mêmes. C’est précieux.

Un souvenir marquant ?
Régis Sauder : Voir les élèves présenter leurs films, fiers, dans une vraie salle de cinéma.
Romuald Rodrigues-Andrade : Un élève est venu me parler d’un court métrage projeté. On a discuté longtemps. Ce genre d’échange est rare et fort.
Lauriane Escaffre : Tout était si bien organisé, si humain. J’ai été reçue comme une reine !

Un conseil aux futurs participants ?
Régis Sauder : Croyez en la force du collectif.
Romuald Rodrigues-Andrade : Osez, testez, amusez-vous. L’imagination fait tout.
Lauriane Escaffre : Faites-vous confiance. Ce que vous avez à dire compte.

* Régis Sauder, président du jury lors de la toute première édition 2011-2012, est notamment l’auteur de Nous, princesses de Clèves (2011), Retour à Forbach (2017) ou encore J’ai aimé vivre là (2020).
* Romuald Rodrigues-Andrade, président du jury pour l’édition 2019-2020, a réalisé les courts métrages Trace ta route (2019) et plus récemment Le jour de gloire (2023).
* Lauriane Escaffre, présidente du jury régional en 2023-2024, a co-réalisé Maria rêve (2022), Pile Poil – César du court métrage (2018) et Le bon mélange pour la colle (2012).

Autres cinéastes engagés depuis 2011 : Paule Sardou, Bania Medjbar, Pilar Arcila, Christian Philibert, Dominique Cabrera, Sacha Wolff, Chad Chenouga, Fanny Liatard et Jérémy Trouilh, Emma Benestan, Lise Akoka et Romane Guéret, Thomas Salvador, Pierre Salvadori, Claude Barras.

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